Mercredi, 3 octobre 2007
15 h 50
Salle 205 C

10. ORGANISATION PROFESSIONNELLE
Le géomètre est-il condamné à la précision? 

Il est hautement probable que si on demandait au grand public qu'elles sont les qualités que lui évoque l'énonciation du nom de « géomètre », la réponse tournerait autour des termes exact, précis, fiable, rationnel. Toutes qualités à consonance hautement scientifique qui nous honorent, qui nous motivent et qui génèrent un marché de niche appréciable. Pour certains collègues, cette adéquation à l'image que l'on a de nous dans le public est tellement vraie qu'ils pourraient avoir tendance à passer d'un état de géomètre à celui de « géomillimètre »! Par contre, pour une partie de notre clientèle, cette obsession de la précision est ressentie comme excessive et engendrant des coûts rédhibitoires. Mais tout bien considéré, cette image est-elle vraiment juste et justifiée? Sommes-nous condamnés à la précision à tout prix? La théorie des erreurs et les tolérances sont-elles des maux nécessaires ou des plus-values? Mon objectif est d'ouvrir une piste de réflexion sur le thème de la précision, de l'exactitude, de la fiabilité.

J'aborderai en particulier des question telles que :

la géoréférenciation est-elle une science purement technique et normalisée ou peut-elle prendre en compte les éléments humains exprimés par nos clients?
les idées de la logique floue peuvent-elle trouver un écho dans nos travaux?
peut-on être exact, c'est-à-dire fidèle à la volonté de nos mandataires, sans être nécessairement précis au millimètre
comment intégrer dans les supports informatiques, et particulièrement dans un modèle vectoriel, toutes les métadonnées implicites contenues dans un support physique (plan papier)?

Ces réflexions sont motivées par les questions soulevées par l'intégration dans un cadastre public et officiel des informations relatives aux restrictions de droit public à la propriété foncière.

Jean-Paul Miserez, Direction fédérale des mensurations cadastrales, Canton de Bern, Suisse